L'impact économique et environnemental de la taxe sur le carbone au Canada

Par | 1 juin 2025 | Empreinte carbone et comptabilité carbone , Changement climatique

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En 2024, la taxe fédérale sur le carbone au Canada a atteint 80 $ la tonne, conformément à sa stratégie de lutte contre les changements climatiques. Mise en œuvre en vertu de la Loi de 2019 sur la tarification de la pollution par les gaz à effet de serre , cette taxe vise à encourager la production d'énergie propre en augmentant le coût des combustibles fossiles, ce qui permettra de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de favoriser le développement des énergies renouvelables. Toutefois, son application a suscité des débats quant à son efficacité environnementale et à ses répercussions économiques. Cet article examine les multiples facettes de la taxe sur le carbone au Canada, notamment ses effets sur l'économie, ses avantages environnementaux et les difficultés à concilier accessibilité financière et objectifs climatiques.

Impacts économiques de la taxe sur le carbone au Canada

a. Effets sur les ménages

La taxe sur le carbone au Canada affecte directement les ménages en augmentant le coût des biens et services à forte intensité de carbone, comme l’essence et le chauffage domestique. la taxe fédérale sur le carburant ajoute environ 3.3 cents par litre aux prix de l'essenceLe prix du gaz va augmenter, car la taxe fédérale sur le carbone devrait augmenter progressivement pour atteindre 170 $ la tonne en 2030, dans seulement cinq ans. Le gouvernement restitue environ 90 % de cette taxe par le biais du remboursement du carbone du CanadaD'ici 2030, le coût net moyen de la taxe sur le carbone pour les ménages canadiens s'élèvera à 1,490 $ au Manitoba, 1,723 $ en Saskatchewan, 1,820 $ en Ontario et 2,773 $ en Alberta.

Les critiques affirment que la taxe carbone aggrave les problèmes d'accessibilité financière pour les ménages à faible revenu. Une étude de l'Institut canadien du climat de 2023 a révélé que 80 % des ménages reçoivent davantage de rabais qu'ils ne paient en taxe carbone . Cependant, les coûts indirects, comme la hausse des prix des biens de consommation (illustrée par une augmentation mensuelle de 5 $ du prix des produits d'épicerie en Alberta), peuvent réduire cet avantage, surtout avec la hausse des prix prévue pour 2024.

b. Impact sur les entreprises et les industries

Au Canada, la taxe carbone s’applique également aux industries par le biais du Système de tarification basé sur la production (STBP) , qui cible les grands émetteurs comme les secteurs pétrolier et gazier, minier et manufacturier. En 2024, le STBP couvrait environ 20 % des émissions de GES du Canada, incitant les entreprises à réduire leurs émissions pour éviter les pénalités. Une analyse de 2023 estimait qu’une taxe carbone de 170 $ la tonne d’ici 2030 pourrait faire augmenter les coûts de production des industries du Canada atlantique de 1 à 2 % , ce qui risquerait de nuire à leur compétitivité en l’absence d’innovation ou de soutien gouvernemental.

Néanmoins, cette taxe a stimulé les investissements dans les technologies propres : depuis 2019, 2.5 milliards de dollars provenant de la tarification du carbone industriel ont été réinvestis dans des projets de décarbonation. Ces mesures ont permis la création d’environ 60 000 emplois dans le secteur des énergies renouvelables . Cependant, les entreprises énergivores, notamment le secteur pétrolier et gazier en Alberta, sont toujours confrontées à des difficultés, certaines répercutant les coûts sur leurs clients et contribuant à l’inflation des prix des carburants.

c. Effets économiques plus larges

Les avis divergent quant à l’impact de la taxe carbone sur l’économie canadienne. Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) estimait en 2024 qu’elle pourrait réduire le PIB réel du Canada de 25 milliards de dollars (0.92 %) d’ici 2030 , ce qui concorde avec un rapport de 2022 du directeur parlementaire du budget prévoyant une réduction de 1.3 % . Des organismes critiques, comme l’Institut Fraser, mettent en garde contre une perte potentielle de 185 000 emplois , notamment dans des provinces comme l’Alberta et la Saskatchewan.

Contrairement aux autres mesures réglementaires, les partisans de la tarification du carbone affirment qu'elle pourrait augmenter les revenus des ménages de 3 300 $ d'ici 2030 , selon une évaluation de la Commission écofiscale de 2019. Depuis sa mise en œuvre en 2008, l'économie de la Colombie-Britannique a fait preuve de résilience grâce à son caractère neutre sur le plan des recettes, ce qui a permis une croissance du PIB supérieure à la moyenne nationale.

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Impacts environnementaux de la taxe sur le carbone au Canada

un. Réduction des émissions de gaz à effet de serre

L’objectif principal de la taxe carbone au Canada est de réduire les émissions de GES afin d’atteindre les cibles de l’Accord de Paris, qui exigent une réduction de 40 à 45 % par rapport aux niveaux de 2005 d’ici à 2030. Environnement et Changement climatique Canada ( ECCC) estime que la redevance sur les carburants et la tarification industrielle permettront de réduire les émissions de 80 millions de tonnes par année d’ici à 2030 , contribuant ainsi au tiers des réductions prévues au Canada. De 2008 à 2015, la Colombie-Britannique a enregistré une réduction nette de 12.9 % de ses émissions de GES, comparativement au reste du Canada, où elles ont augmenté de 3.7 %.

La tarification du carbone et l'élimination progressive du charbon ont permis au Canada de réduire ses émissions de GES de 54 millions de tonnes entre 2005 et 2022. Cependant, malgré la diminution des émissions liées aux transports, une étude de 2022 a conclu que les réductions globales de CO2 n'étaient pas statistiquement significatives. Cela signifie que des réductions plus importantes nécessitent des taux d'imposition plus élevés ou des programmes plus complets.

b. Avantages connexes pour la santé publique et l'environnement

Outre la réduction des émissions, la tarification du carbone contribue également à améliorer la santé publique en diminuant la pollution atmosphérique. Selon une étude de 2018, en Colombie-Britannique, la tarification du carbone a permis de réduire la pollution atmosphérique locale dans les zones urbaines de 5 à 11 % , ce qui a entraîné une diminution de la prévalence de maladies respiratoires comme l'asthme. Les ajustements proposés devraient générer des bénéfices de 4.9 milliards de dollars entre 2019 et 2055. Ce montant comprend 1.2 milliard de dollars en bénéfices pour la santé grâce à la réduction des émissions de polluants atmosphériques et 3.6 milliards de dollars en dommages évités liés aux changements climatiques.

Selon les estimations, les ajustements proposés coûteront au total 2.2 milliards de dollars à mettre en œuvre entre 2019 et 2055, pour un bénéfice net de 2.7 milliards de dollars . Cette taxe atténue également les conséquences financières de l’inaction climatique. D’après l’Institut canadien du climat, d’ici 2030, le Canada pourrait perdre 35 milliards de dollars par année de PIB en raison des dommages aux infrastructures, des inondations et des feux de forêt causés par les changements climatiques. En accélérant la transition vers les énergies renouvelables, la tarification du carbone contribue à éviter ces dépenses. En 2023, l’énergie solaire et éolienne représenteront 66.12 % du bouquet énergétique canadien.

Défis et perception du public

Au Canada, la taxe carbone, malgré ses avantages, rencontre une opposition publique et politique. Face à la hausse du coût de la vie, la campagne « Abolissons la taxe » du chef conservateur Pierre Poilievre a recueilli des appuis en 2024. Un sondage mené la même année par le Citizens' Climate Lobby a révélé que le soutien du public à la tarification du carbone a chuté de 56 % en 2021 à 45 % en 2024 , principalement en raison de l'idée fausse selon laquelle cette taxe alimente fortement l'inflation. En réalité, l'Institut canadien du climat a constaté que les systèmes de tarification du carbone industriels contribueront entre 20 et 48 % à la réduction des émissions du Canada en 2030.

L'inquiétude demeure quant au caractère régressif de cette taxe, qui touche de façon disproportionnée les ménages à faible revenu. Les remboursements sont utiles, mais ne compensent pas entièrement toutes les dépenses indirectes. Les disparités régionales, comme la dépendance de l'Alberta au pétrole, contribuent également à l'opposition ; selon un sondage Angus Reid de 2023, 42 % des Canadiens souhaitent l'abolition de cette taxe . L'importance excessive accordée initialement à cette taxe comme initiative phare du gouvernement libéral constitue un exemple d'erreur de communication qui a terni l'image des avantages apparents de la taxe.

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taxe sur le carbone au Canada

Perspectives d'avenir

La taxe sur le carbone au Canada se trouve à la croisée des chemins. Ses effets sur l'économie et l'environnement devraient s'accentuer à mesure que le prix fédéral du carbone atteindra 170 $ la tonne d'ici 2030. L'équité peut être améliorée en coordonnant les systèmes fédéraux et provinciaux et en renforçant les programmes de remboursement pour les ménages défavorisés. La taxe canadienne confère au pays un avantage concurrentiel dans une économie sobre en carbone, alors que le prix du carbone augmente à l'échelle mondiale. Pour maintenir le soutien du public, il est nécessaire de communiquer clairement ses avantages, notamment la création d'emplois dans les industries vertes. La taxe sur le carbone est essentielle à la stratégie climatique du Canada, car elle permet d'équilibrer les objectifs économiques et environnementaux pour les générations futures.

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Auteur

  • Le Dr Emily Greenfield est une environnementaliste très accomplie avec plus de 30 ans d'expérience dans la rédaction, la révision et la publication de contenu sur divers sujets environnementaux. Originaire des États-Unis, elle a consacré sa carrière à la sensibilisation aux problèmes environnementaux et à la promotion de pratiques durables.

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1 Commentaires

  1. Ron Reilly

    Merci pour cet article. J'apprécie cet aperçu objectif et factuel. Le Citizens' Climate Lobby US peut espérer suivre les conseils donnés. À l'heure actuelle, aucun projet de loi n'est déposé au Congrès et, malheureusement, nous avons peu d'espoir qu'il soit présenté.

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